Je suis née en 1989 à Paris, baignée dans une atmosphère créative mêlant expérimentations artistiques et artisanales. Enfant bercée de musique très diverses, du punk à des références classiques et expérimentales (les Clash, Miles Davis, le Requiem de Mozart, Laurie Anderson et bien d’autres), je rêve de voler sur un tissu aérien avec mon chat, Lola. C’est à cette époque que je rencontre la danse et qu’elle ne me quitte plus.

Imprégnée très tôt par la photographie argentique et le cinéma, aujourd’hui l’image est une source d’inspiration profonde dans la recherche d’écriture du mouvement que je mène. Les notions de cadre, de paysage, de lumière ou de contraste sont centrales dans mon travail chorégraphique.

Et si l’on parle de contraste l’on rejoint par la même occasion deux autres aspects majeurs qui m’intéressent : ceux du rythme et de la musicalité. Ces domaines, que j’expérimente également avec la musique, la batterie, la vidéo, le surf, etc… sont des composantes fondamentales de la danse qui jalonnent mes questionnements des plus théoriques (influencés notamment par la pensée de Gilles Deleuze) aux plus pratiques.


L’improvisation, là encore présente en danse et en musique, est un matériau inépuisable, exigeant, riche et passionnant. Je suis inlassablement inspirée par les travaux de Trisha Brown et Anne Teresa de Keersmaeker et leurs outils de composition chorégraphique.

La danse est pour moi un art éminemment sensoriel, vivant, rythmique et spatial.
C’est un rapport entre l’espace intérieur de l’interprète et l’espace extérieur. Une relation puissante, subtile et fugace, à reconvoquer sans cesse.
C’est là que se trouve la magie du spectacle et du partage avec le public.

Ce pourrait peut-être même, être à cet endroit, que se joue la question de l’interprétation… 

Je crois que c’est ce lien avec les sens qui rapproche la danse de la nature. Elle fait partie intégrante du travail chorégraphique car elle vient avec le mouvement convoquer et exprimer ce rapport à la sensation.


D’origine pied noir, espagnole et berbère, ces racines « dénudées et nomades » ont nourri mon goût pour la recherche, le rebond et l’ancrage. Domaines où la danse se révèle être un formidable terrain de jeu. Concevoir une création comme le support d’une sorte d’archéologie du passé et du futur, un genre de carte aux trésors où l’on découvre toujours quelque chose. Car même le plus petit artefact, la plus petite trouvaille, est précieuse et joyeuse en danse.

Toutes les collaborations en tant que danseuse interprète que j’ai eu la chance de vivre ces dernières années avec d’autres chorégraphes et artistes m’ont nourrie et amenée aujourd’hui à développer une recherche plus personnelle.


« Marcheur, ce sont tes traces ce chemin, et rien de plus
Marcheur il n’y a pas de chemin, le chemin se construit en marchant »
Antonio Machado

Maintenant, il s’agit de trouver une alchimie composée d’une écriture imagée et intuitive.
Une sorte de répertoire précis et organique où le geste résulterait d’une émotion lumineuse ou contrastée, d’un paysage sonore ou nostalgique, ou bien encore d’un processus répétitif, géométrique et spatial.
Tout est à défricher, à explorer, dans l’objectif de parvenir à une écriture chorégraphique puissante et singulière où l’élan du mouvement serait comme suspendu entre émotion et abstraction avant d’être rattrapé par la gravité.